Book review: Histoire de ma vie by George Sand


Histoire de ma vieHistoire de ma vie by George Sand

My rating: 4 of 5 stars

Free download available at Project Gutenberg – Histoire de ma Vie, Livre 1 (Vol.1 to 4).

Free download available at Project Gutenberg – Histoire de ma Vie, Livre 2 (Vol. 5 to 9).

Free download available at Project Gutenberg – Histoire de ma Vie, Livre 3 (Vol. 10 – 13).

Even if this book is not considered as a true autobiography (it seems the author didn’t follow the faits and the corresponding dates), I really liked it.

Her relationship with her grand-mother was stronger than to her mother and she was heartbroken after her death. After that, she was sent to a monastery in order to finish her education.

Unfortunately she didn’t describe in details her writing career. On the other hand, she mentioned several of her famous and very known friends, painters and writers of the 19th century French literature.

About Balzac:

Un de mes amis, qui connaissait un peu Balzac, m’avait présentée à lui, non comme une muse de département, mais comme une bonne personne de province très émerveillée de son talent. C’était la vérité. Bien que Balzac n’eût pas encore produit ses chefs-d’œuvre à cette époque, j’étais vivement frappée de sa manière neuve et originale, et je le considérais déjà comme un maître à étudier. Balzac avait été, non pas charmant pour moi, à la manière de Delatouche, mais excellent aussi, avec plus de rondeur et d’égalité de caractère. Tout le monde sait comme le contentement de lui-même, contentement si bien fondé qu’on le lui pardonnait, débordait en lui; comme il aimait à parler de ses ouvrages, à les raconter d’avance, à les faire en causant, à les lire en brouillons ou en épreuves. Naïf et bon enfant au possible, il demandait conseil aux enfans, n’écoutait pas la réponse, ou s’en servait pour la combattre avec l’obstination de sa supériorité. Il n’enseignait jamais, il parlait de lui, de lui seul. Une seule fois il s’oublia pour nous parler de Rabelais, que je ne connaissais pas encore. Il fut si merveilleux, si éblouissant, si lucide, que nous nous disions en le quittant: «Oui, oui, décidément, il aura tout l’avenir qu’il rêve; il comprend trop bien ce qui n’est pas lui, pour ne pas faire de lui-même une grande individualité.»

About Stendhal:

Sur le bateau à vapeur qui me conduisait de Lyon à Avignon, je rencontrai un des écrivains les plus remarquables de ce temps-ci, Bayle, dont le pseudonyme était Stendhal. Il était consul à Civita-Vecchia et retournait à son poste, après un court séjour à Paris. Il était brillant d’esprit et sa conversation rappelait celle de Delatouche, avec moins de délicatesse et de grâce, mais avec plus de profondeur.

About Musset:

Alfred de Musset subit bien plus gravement que moi l’effet de l’air de Venise qui foudroie beaucoup d’étrangers, on ne le sait pas assez. Il fit une maladie grave; une fièvre typhoïde le mit à deux doigts de la
mort. Ce ne fut pas seulement le respect dû à un beau génie qui m’inspira pour lui une grande sollicitude et qui me donna, à moi très malade aussi, des forces inattendues; c’était aussi les côtés charmans de son caractère et les souffrances morales que de certaines luttes entre son cœur et son imagination créaient sans cesse à cette organisation de poète.

About Sainte-Beuve:

Parmi les hommes d’un talent apprécié, M. Sainte-Beuve, par les abondantes et précieuses ressources de sa conversation, me fut très salutaire, en même temps que son amitié, un peu susceptible, un peu capricieuse mais toujours précieuse à retrouver, me donna quelquefois la force qui me manquait vis-à-vis de moi-même.

About Delacroix:

Eugène Delacroix fut un de mes premiers amis dans le monde des artistes, et j’ai le bonheur de le compter toujours parmi mes vieux amis. Vieux, on le sent, est le mot relatif à l’ancienneté des relations, et non à la personne. Delacroix n’a pas et n’aura pas de vieillesse. C’est un génie et un homme jeune. Bien que, par une contradiction originale et piquante, son esprit critique sans cesse le présent et raille l’avenir, bien qu’il se plaise à connaître, à sentir, à deviner, à chérir exclusivement les œuvres et souvent les idées du passé, il est, dans son art, l’innovateur et l’oseur par excellence. Pour moi, il est le premier maître de ce temps-ci, et, relativement à ceux du passé, il restera un des premiers dans l’histoire de la peinture. Cet art n’ayant pas généralement progressé depuis la renaissance, et paraissant moins goûté et moins compris relativement par les masses, il est naturel qu’un type d’artiste comme Delacroix, longtemps étouffé ou combattu par cette décadence de l’art et par cette perversion du goût général, ait réagi, de toute la force de ses instincts, contre le monde moderne.

About Lamennais:

On l’a dit, et on l’a très bien dit et compris, jusqu’au lendemain de sa mort, les esprits droits et justes ont embrassé d’un coup d’œil cette illustre carrière de travaux et de souffrances; la postérité le dira à jamais, et ce sera une gloire de l’avoir reconnu et proclamé sur la tombe encore tiède de Lamennais: ce grand penseur a été, sinon parfaitement, du moins admirablement logique avec lui-même dans toutes ses phases de développement.

About Chopin:

Le génie de Chopin est le plus profond et le plus plein de sentiments et d’émotions qui ait existé. Il a fait parler à un seul instrument la langue de l’infini; il a pu souvent résumer, en dix lignes qu’un enfant pourrait jouer, des poëmes d’une élévation immense, des drames d’une énergie sans égale. Il n’a jamais eu besoin des grands moyens matériels pour donner le mot de son génie. Il ne lui a fallu ni saxophones ni ophicléides pour remplir l’âme de terreur; ni orgues d’église, ni voix humaines pour la remplir de foi et d’enthousiasme. Il n’a pas été connu et il ne l’est pas encore de la foule. Il faut de grands progrès dans le goût et l’intelligence de l’art pour que ses œuvres deviennent populaires. Un jour viendra où l’on orchestrera sa musique sans rien changer à sa partition de piano, et où tout le monde saura que ce génie aussi vaste, aussi complet, aussi savant que celui des plus grands maîtres qu’il s’était assimilés, a gardé une individualité encore plus exquise que celle de Sébastien Bach, encore plus puissante que celle de Beethoven, encore plus dramatique que celle de Weber. Il est tous les trois ensemble, et il est encore lui-même, c’est-à-dire plus délié dans le goût, plus austère dans le grand, plus déchirant dans la douleur. Mozart seul lui est supérieur, parce que Mozart a en plus le calme de la santé, par conséquent la plénitude de la vie.

A very touching piece of work, a true masterpiece written by George Sand.

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